Littérature sans frontières

RFI

Parce que le livre ouvre sur le monde et que le monde se comprend par le livre, chaque semaine, le magazine littéraire de RFI reçoit un grand écrivain francophone ou étranger. Au sommaire, également, toute l’actualité de la littérature française et internationale : des reportages, des témoignages, des coups de cœur et un partenariat avec le magazine «Books» qui rend compte, chaque mois, des livres et des idées du monde entier. Réalisation : Apolline Verlon-Raizon. *** Diffusions : le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 16h30 TU vers l'Afrique luso ; 20h30 TU vers l'Afrique haoussa ; le dimanche à 17h30 TU vers Prague et le lundi à 00h30 TU vers toutes cibles. *** À partir du 31 mars 2024, le vendredi à 13h30 TU vers toutes cibles ; 16h30 TU vers l'Afrique luso ; 20h30 TU vers l'Afrique haoussa ; et le dimanche à 00h30 TU vers toutes cibles.

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Society & CultureSociety & Culture

Episodes

Akos Verboczy, allers-retours entre Budapest et Montréal
12-04-2024
Akos Verboczy, allers-retours entre Budapest et Montréal
Né en Hongrie, Akos Verboczy est arrivé au Québec à l'âge de onze ans. Il a été chroniqueur, rédacteur de discours et de rapports officiels. En 2016, il publie « Rhapsodie québécoise », récit de son itinéraire, finaliste du prix de la diversité Metropolis Bleu en 2017 en plus de faire partie pendant deux ans des « Incontournables » de Radio-Canada. « La Maison de mon père » est son premier roman. Akos Verboczy est l'un des auteurs du Québec invité d'honneur du Salon du Livre de Paris 2024. « Chaque matin, je remettais au lendemain le projet d’aller à la maison de mon père. Pour la seule fois de ma vie, c’est lui qui m’a attendu en vain. »Un homme débarque à Budapest, sa ville natale, par un chaud matin d’automne, pour un séjour d’une semaine. Il a l’intention de revoir ses anciens amis, sa famille, son premier amour. De parcourir de bas en haut son arbre généalogique, ou du moins ce qu’il en reste, du petit cousin hooligan aux grands-parents qui dorment paisiblement, l’espère-t-il, sous les pierres moussues du cimetière.Avec Petya, son compagnon d’enfance, il forme le projet d’aller retrouver la maison que son père a chérie pendant des années, qu’il a longtemps espéré recevoir en héritage, mais qui a sombré avec tout le reste. Cette maison du lac Balaton, ancien pressoir de vignoble, à flanc de colline, où l’on entrait en passant par le grenier. Il faut donc s’empresser de griffonner sur un napperon le plan pour s’y rendre, mais ce geste n’est-il pas aussi dérisoire que de vouloir retracer les contours d’un rêve dont on émerge à peine avant qu’il nous échappe à jamais ? (Présentation des éditions Le Bruit du Monde).
Spéciale scène africaine au Salon du Livre de Genève
08-03-2024
Spéciale scène africaine au Salon du Livre de Genève
À l'occasion du Salon du Livre qui se déroule à Genève, en Suisse, avec au programme 650 écrivains venus du monde entier, pleins feux sur la scène africaine particulièrement riche avec, parmi les invités de cette édition 2024 : Raphaëlle Red, autrice d'un premier roman intitulé « Adikou » chez Grasset, et Meissa Mbaye qui a publié « Génies », un recueil illustré par Sophie Le Hire, aux éditions Saraaba. Dialogue littéraire entre deux des invités du Salon du Livre de GenèveRaphaëlle Red est née en 1997, à Paris, et vit aujourd’hui à Berlin. Elle a étudié les Sciences sociales avant de préférer la littérature. Pour l’écriture d’Adikou, elle a notamment été en résidence à la Maison des Artistes de Lomé. Ses textes ont été publiés en français (Jef Klak, L‘Humanité), anglais (gal-dem, The Funambulist) et allemand (Bella Triste, anthologies Resonanzen et Glückwunsch). Adikou est son premier roman."Elle sait à peine prononcer son nom, Adikou, que la narratrice décrit tour à tour comme un lézard et comme un vautour, un double et une étrangère. Sa lignée est floue, son histoire familiale trouble. Pourtant le monde entier voudrait qu’elle donne son origine, coche noire, ou blanche, ou bien fifty-fifty. Qu’elle accepte de se ranger.Alors, un lourd jour d’été, Adikou n’y tient plus. Elle s’échappe, prend la route du Togo, pays du père dont elle sait si peu de choses, et la narratrice n’a d’autre choix que de la suivre. C’est un départ qui fait écho à d’autres  : une dégringolade du nord vers le sud des États-Unis lors d’un séjour d’études, une tentative de retour à la source avec une ONG humanitaire. Mais cette fois-ci, elle est décidée à y séjourner aussi longtemps qu’il faudra pour trouver quelque chose d’elle-même. Un nom, une famille, une trace, une présence. Ou peut-être simplement un air plus respirable. Lomé ne sera qu’un début, un avant-goût moite et poussiéreux d’avancées vers des zones toujours plus mouvantes. Territoires intérieurs, qui la renvoient vers son insoluble lien au métissage. Territoires familiaux et géographiques, en quête des origines d’un père qui a depuis longtemps fui son pays. Territoires historiques marqués par l’esclavage puis la colonisation. (Présentation des éditions Grasset)Meissa Mbaye, un talent au service de la parole et de la scène. Musicien, compositeur et coach-formateur en art oratoire, Meïssa Mbaye a un riche parcours de trente ans comme conteur et pédagogue. Il est aujourd’hui directeur-fondateur et formateur au Werekaan Institute, qui promeut l’art oratoire africain.Entre mythes, traditions, folklore et poésie,« Génies » est un voyage envoûtant à la découverte de 7 créaturesqui peuplent les esprits des Sénégalaises et Sénégalais depuis toujours.Contes à écouter en ligne grâce à des QR codes à scanner (éditions Saaraba).
Robert Birenbaum, 97 ans, éternel résistant, souvenirs d'un gamin de Paris
01-03-2024
Robert Birenbaum, 97 ans, éternel résistant, souvenirs d'un gamin de Paris
Né à Paris, le 21 juillet 1926, Robert Birenbaum entre en résistance à moins de 16 ans, le 16 juillet 1942, au sein des Jeunesses communistes. Il s’engage dans l’armée en 1944. Le 18 juin 2023, 80 ans après son engagement, le président Macron lui remet lui-même la Légion d’Honneur, au Mont Valérien, là où la plupart de ses camarades de Résistance (les Francs-Tireurs Partisans de la Main d’œuvre immigrée) ont été fusillés par les nazis. Le lendemain de la rafle du Vel d’Hiv, le 17 juillet 1942, alors qu’il allait rentrer dans l’épicerie familiale, Robert Birenbaum, jeune Français juif de bientôt 16 ans (ses parents sont français comme lui, bien que nés en Pologne) rencontre sa tante Dora, avenue Secrétan.C’est lui qui raconte  : « Elle était jeune, trente-deux ou trente-trois ans, et très belle ; c’était ma tante préférée. Elle me raconta pourquoi mon oncle avait été arrêté et mis en prison. Il était résistant. Sur sa lancée, elle me demanda si elle pouvait avoir confiance en moi. Si je le voulais, elle pouvait me faire entrer en contact avec des jeunes juifs communistes, des résistants. Mais ce devrait être un secret entre nous deux. Jamais je ne devais dire à mes parents qu’elle avait été mon instigatrice. J’acceptais sans hésiter. Elle me fit comprendre en très peu de phrases qu’il était toujours préférable de se battre, de vivre debout et dans la dignité, et de ne pas se coucher devant l’ennemi. Elle avait comme son mari un poste de responsable au sein du MOI (Mouvement Ouvrier Immigré) et me donna tout de suite un rendez-vous avec un camarade de la Jeunesse communiste. C’est ainsi que j’entrai dans la Résistance, le 17 juillet 1942. »Le 18 juin 2023, le même Robert Birenbaum reçoit – enfin – des mains du président Emmanuel Macron, la Légion d’honneur au Mont Valérien, après s’être recueilli dans la clairière où reposent nombre de ses camarades de résistance. 81 ans après avoir pris sans s’en rendre compte la décision la plus importante de sa vie…Le 21 février 2024, le couple Manouchian sera rapatrié au Panthéon. Les Manouchian, c’est l’Affiche rouge du nom de l’affiche placardée dans tout le pays par les nazis qui recherchaient ces résistants. Arrêtés, les 22 hommes membres de l’Affiche Rouge, ces Francs-Tireurs Partisans de la MOI, seront fusillés le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Olga Bancic, seule femme du groupe, sera décapitée le 10 mai 1944 à Stuttgart.Robert Birenbaum, malgré son très jeune âge, fit partie de 1942 à 1944 (sous le pseudo de « Guy ») de ceux qui recrutaient justement ces résistants FTP MOI. Triste ironie de l’Histoire, il devait intégrer ces FTP lorsque les membres de l’Affiche rouge furent pris. Son livre raconte, à la première personne, ses deux années incroyables au cours desquelles, avec d’autres jeunes gens, français et étrangers, juifs, communistes, parfois de simples adolescents comme lui, ils tinrent en respect collabos et nazis dans Paris et ses alentours. Lancers de tracts, vols d’armes, de machines à écrire, planques, attentats, sabotages et arrestations…Un récit palpitant qu’il délivre enfin à 97 ans.Raconter. Encore et encore.Pour que personne n’oublie jamais…(Présentation des éditions Stock).
Hemley Boum, le Cameroun au cœur
23-02-2024
Hemley Boum, le Cameroun au cœur
Hemley Boum, d’origine camerounaise, vit en région parisienne. Elle est l'auteure de plusieurs romans traduits en plusieurs langues, dont « Les Jours viennent et passent » (prix Ahmadou-Kourouma en 2020) « Les maquisards » (grand prix littéraire d’Afrique noire 2016), « Si d’aimer » (prix Ivoire pour la littérature d’expression française 2013) et « Le clan des femmes ». « Le Rêve du pêcheur » est son cinquième roman.  « Dans l’avion qui me menait au loin, j’ai eu le sentiment de respirer à pleins poumons pour la première fois de ma vie et j’en ai pleuré de soulagement. On peut mourir mille morts, un peu à la fois, à essayer de sauver malgré lui l’être aimé. J’avais offert à Dorothée mon corps en bouclier, mon silence complice, le souffle attentif de mes nuits d’enfant et en grandissant l’argent que me rapportaient mes larcins, sans parvenir à l’arrimer à la vie. Je pensais ne jamais la quitter mais lorsque les événements m’y contraignirent, j’hésitai à peine. C’était elle ou moi. »Zack a fui le Cameroun à dix-huit ans, abandonnant sa mère, Dorothée, à son sort et à ses secrets. Devenu psychologue clinicien à Paris, marié et père de famille, il est rattrapé par le passé alors que la vie qu’il s’est construite prend l’eau de toutes parts... À quelques décennies de là, son grand-père Zacharias, pêcheur dans un petit village côtier, voit son mode de vie traditionnel bouleversé par une importante compagnie forestière. Il rêve d’un autre avenir pour les siens…Avec ces deux histoires savamment entrelacées, Hemley Boum signe une fresque puissante et lumineuse qui éclaire à la fois les replis de la conscience et les mystères de la transmission. (Présentation des éditions Gallimard)
Jón Kalman Stefánsson, l'écrivain islandais qui aimait les Beatles
02-02-2024
Jón Kalman Stefánsson, l'écrivain islandais qui aimait les Beatles
Né en 1963, Jón Kalman Stefánsson est l’auteur d’une œuvre importante traduite dans le monde entier. Son précédent roman, « Ton absence n’est que ténèbres » en 2022, a connu un triomphe en France, multi-primé il s'est vendu à 100.000 exemplaires toutes éditions confondues. Ses autres romans, notamment « Ásta », « Entre ciel et terre » et « D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds » sont déjà des classiques. Son nouveau livre « Mon sous-marin jaune » se tourne plus vers l'autobiographie.  "Un écrivain qui ressemble beaucoup à Jón Kalman Stefánsson aperçoit Paul McCartney dans un parc londonien, en août 2022. L’ancien Beatles est le héros de sa jeunesse, et le narrateur rêve de lui parler. Mais il lui faut d’abord préparer cette conversation, trier ses souvenirs, mettre de l’ordre dans l’écheveau d’émotions et de récits de toutes sortes qu’il aimerait partager avec son idole.C’est donc à ce voyage dans le temps que nous invite Mon sous-marin jaune. À commencer par l’histoire d’un jeune garçon qui apprend au détour d’une phrase que sa mère vient de mourir. Quelques mois plus tard, il passe l’été dans la famille de sa nouvelle belle-mère. La beauté sauvage des fjords de l’Ouest sera un puissant antidote contre la solitude, le chagrin, et le silence pesant de son père. L’enseignement biblique, au contraire, le met en colère et lui fait comprendre qu’il devra chercher des réponses ailleurs. Beaucoup plus tard, ce sera grâce aux livres piochés à la bibliothèque municipale qu’il se mettra à comprendre dans quelle direction il voudrait diriger sa vie…Dans un récit où les lieux et les temporalités cohabitent, nous croisons un chauffeur de taxi fou, un moniteur d’auto-école au cœur fragile, ou encore Ringo Starr transformé en évêque médiéval, et c’est seulement la folie créatrice du romancier qui permet d’en faire son livre le plus audacieux et sans aucun doute le plus ouvertement autobiographique. Ce nouveau roman de Stefánsson nous offre une occasion de saisir la quintessence de toute son œuvre." (Présentation des éditions Christian Bourgois)Traduit de l’islandais par Éric Boury.
Boualem Sansal, et si l'avenir de l'humanité était dans l'espace ?
26-01-2024
Boualem Sansal, et si l'avenir de l'humanité était dans l'espace ?
Né en 1949, Boualem Sansal vit près d’Alger. Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix littéraires, en France et à l’étranger : Prix Édouard-Glissant (pour l'ensemble de son œuvre) (2007), Prix de la Paix des Libraires allemands (2011), Grand prix de la Francophonie de l'Académie française (2013), Grand Prix du roman de l’Académie française (2015), le Prix Méditerranée (2021), et l'auteur a aussi reçu le prix Constantinople 2023 pour l’ensemble de son œuvre. "Paolo fait partie des rares humains, « les Appelés », choisis par une puissance mystérieuse pour recevoir et diffuser un message simple et terrible : dans 780 jours la présence des hommes sur la Terre prendra fin. Une minorité d’élus sera alors sauvée et conduite en lieu sûr, sur une autre planète. Les Appelés doivent profiter du délai imparti pour choisir les êtres dignes de confiance qui pourront participer, loin de la Terre, à la fondation d’une humanité nouvelle. Mais comment faire pour écarter de la sélection les humains qui ont fait la preuve de leur nocivité : les puissants, les politiciens, les mafieux, les religieux de toutes obédiences ? Paolo et les Appelés parviendront-ils à empêcher cette lie de l’humanité de monter, le jour venu, à bord de l’immense vaisseau spatial qui viendra chercher les élus ?On retrouve ici la verve caustique et gouailleuse de Boualem Sansal, marque de fabrique d’un écrivain très singulier dont l’audience est désormais internationale." (Présentation des éditions Gallimard)EXTRAIT BONUS : Boualem Sansal parle de l'Algérie, son pays natal à écouter ici :
Michel Pastoureau, historien passionné et passionnant
19-01-2024
Michel Pastoureau, historien passionné et passionnant
Michel Pastoureau, né en 1947, historien de la symbolique occidentale est mondialement connu pour ses travaux sur l’histoire des couleurs en Occident, il a publié notamment au Seuil, dans « La Librairie du XXIè siècle » : « L’Étoffe du diable » (1991), « Une histoire symbolique du Moyen-Âge occidental » (2004) et « L’Ours. Histoire d’un roi déchu » (2007). Son autobiographie « Les Couleurs de nos souvenirs » a reçu le prix Médicis Essai en 2010. (Rediffusion)  "Certains ouvrages ont enchanté des générations de lecteurs, transformé nos connaissances, posé les fondements d’un monde nouveau. D’autres au contraire se sont révélés odieux ou nocifs. Aux uns et aux autres sont consacrées des thèses et des études savantes. Il existe en revanche des livres dont on ne parle jamais, des livres « ordinaires », certes bien plus nombreux mais qui, peu de temps après leur parution, tombent dans l’oubli.C’est sur l’un de ces livres discrets que se penche aujourd’hui Michel Pastoureau. À dire vrai, s’il est quelque peu oublié, il n’est pas totalement anodin puisqu’il s’agit de sa première publication, La Vie quotidienne au temps des chevaliers de la Table Ronde, parue chez Hachette, dans une collection célèbre, en 1976. Elle était consacrée à la légende arthurienne et à la société chevaleresque des XIIè et XIIIè siècles. Raconter aujourd’hui l’histoire de cet ouvrage de jeunesse est, pour l’auteur, l’occasion d’évoquer un certain nombre de souvenirs, de rendre une dernière visite au roi Arthur, et surtout de faire œuvre historiographique. Que signifiait alors publier un premier livre ? Comment un jeune historien inconnu pouvait-il affronter les mœurs étranges de l’édition française ? Quel était alors le statut de la vulgarisation historique ? Et qu’est-elle devenue aujourd’hui ?" (Présentation des éditions du Seuil).
Valérie Zenatti, la vie et l'histoire en mouvement
05-01-2024
Valérie Zenatti, la vie et l'histoire en mouvement
Valérie Zenatti est écrivaine, scénariste et traductrice d’Aharon Appelfeld. Elle a écrit pour la jeunesse, notamment « Une bouteille dans la mer de Gaza » (L’École des loisirs, 2005) traduit dans dix-huit langues. Plus récemment, aux Éditions de l’Olivier, elle a publié Jacob, Jacob (Prix du Livre Inter 2015) et Dans le faisceau des vivants (Prix Essai France Télévisions 2019). « Ce n’est pas parce que Dieu n’existe pas qu’on peut s’en passer si facilement. »C’est tout récemment que Mathilde est devenue insomniaque. Puis elle a perdu le sens du toucher. Il y a eu d’autres signes : des feuillets retrouvés à la mort de son grand-père, une vidéo de Leonard Cohen à Jérusalem, le retour de la guerre en Europe. Mathilde est désorientée. Elle est devenue pour elle-même une sorte d’énigme, à l’instar de l’époque qui est la sienne. Est-ce pour cela qu’elle décide subitement de prendre un avion pour Israël ? Comme si la réponse aux questions qu’elle se pose l’attendait là-bas depuis toujours. De Tel-Aviv à Capharnaüm, puis à Jérusalem, ses rencontres avec des inconnus – et quelques fantômes – ne font qu’approfondir le mystère. Jusqu’au moment où, dans un éclair, la vérité lui apparaît. Prenant l’Histoire à bras-le corps, Qui-vive est aussi l’itinéraire d’une femme qui cherche à réconcilier son paysage intérieur avec le monde qui l’entoure. Avec ce livre aux multiples facettes, Valérie Zenatti confirme de manière éclatante un vrai talent  romanesque. (Présentation des éditions de l'Olivier)
Blaise Ndala, portrait d'un écrivain entre l'Afrique, l'Amérique et l'Europe
29-12-2023
Blaise Ndala, portrait d'un écrivain entre l'Afrique, l'Amérique et l'Europe
Blaise Ndala, né en 1972 en République démocratique du Congo, a fait des études de droit en Belgique avant de s’installer au Canada en 2007. Il y a publié deux romans remarqués, « J’irai danser sur la tombe de Senghor » (L’Interligne, 2014, prix du livre d’Ottawa), et « Sans capote ni kalachnikov » (Mémoire d’encrier, 2017, lauréat du Combat national des livres de Radio-Canada et du prix AAOF). Son troisième roman « Dans le ventre du Congo » a reçu le prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression française, le prix Kourouma 2021 et le Prix International de la littérature « Cheikh Hamidou Kane »  « Avril 1958. Lorsque s’ouvre l’Exposition universelle de Bruxelles, Robert Dumont, l’un des responsables du plus grand événement international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a fini par déposer les armes face aux pressions du palais royal : il y aura bel et bien un « village congolais » dans l’un des sept pavillons consacrés aux colonies. Parmi les onze recrues mobilisées au pied de l’Atomium pour se donner en spectacle figure la jeune Tshala, fille de l’intraitable roi des Bakuba. Le périple de cette princesse nous est dévoilé, de son Kasaï natal à Bruxelles en passant par Léopoldville, jusqu’à son exhibition forcée à Expo 58, où l’on perd sa trace.Été 2004. Fraîchement débarquée en Belgique, une nièce de la princesse disparue croise la route d’un homme hanté par le fantôme du père. Il s’agit de Francis Dumont, professeur de droit à l’Université libre de Bruxelles. Une succession d’événements finit par leur dévoiler le secret emporté dans sa tombe par l’ancien sous-commissaire d’Expo 58. D’un siècle l’autre, le roman embrasse la grande Histoire pour poser la question centrale de l’équation coloniale : le passé peut-il passer ? » (Présentation des éditions du Seuil)
Derrière les barreaux : le Goncourt des détenus 2023
15-12-2023
Derrière les barreaux : le Goncourt des détenus 2023
Á l'occasion de la 2ème édition du Prix Goncourt des détenus qui a couronné Mokhtar Amoudi pour son roman « Les conditions idéales », retour sur ce projet culturel et engagé avec un grand reportage en immersion à la maison d'arrêt de la Seine-Saint-Denis au sein d'un atelier de lecture en présence d'un groupe de participants. Plongée dans l'univers carcéral et dans la bibliothèque de la maison d'arrêt de Villepinte où, chaque semaine, un groupe d'une douzaine de détenus s'est réuni pour débattre de leur lecture des 16 romans en lice pour la sélection du Prix.Rencontres sur place avec l'écrivaine Dorothée Janin, la professeure de français et le porte-parole des participants."Voleuses, fugueuse, vagabondes, de petites vertus, les filles de la prison de Fresnes se mutinent. Le 6 mai 1947, elles défoncent des portes, brisent des carreaux, pillent l’économat, s’empiffrent de chocolat et de confiture, escaladent le mur de la prison et finissent par en occuper le toit. Pendant des heures, elles tiendront bon. Les prisonniers masculins, derrière leurs barreaux, les acclameront. Il faudra cent vingt policiers pour les déloger. Les journaux s’en emparent un temps, qualifiant l’événement d’« hystérie collective », et, après une nouvelle condamnation, les révoltées retourneront à l’obscurité de leurs cachots. Vies d’anonymes diablesses, semeuses de troubles sans voix, la postérité les oublie." (Présentation des éditions Stock)« En quelques trimestres, j'avais tourné casaque. Les Français m'évitaient, avertis par leurs parents des risques de mauvaise influence qu'ils couraient à me fréquenter. Pire, mes bulletins scolaires, ombre bien obscure, me qualifiaient de décadent et d'insolent. Devenu inapte à représenter ma classe, je laissai les professeurs m'achever lors du dernier conseil de l'année. On comparait mon apogée scolaire à la Renaissance ; un bon souvenir qui ne reviendrait jamais. » Placé à l'Aide sociale à l'enfance dès son plus jeune âge, Skander est un garçon curieux de tout, passionné par la lecture. Mais son destin bascule lorsqu'il atterrit à Courseine, en banlieue parisienne, chez la redoutable Madame Khadija. Au collège, il est entraîné malgré lui par les jeunes du Grand Quartier, qui abolissent sa boussole morale. La rue devient son royaume, et l'éloigne chaque jour davantage de ses rêves d'enfant... Avec Les conditions idéales, Mokhtar Amoudi signe un roman d'apprentissage au charme irrésistible. (Présentation des éditions Gallimard)